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L'envol * La liste * Tiroirs * Session

C'est juste

que l'horizon vient de changer *

Même la Terre part à la renverse

Alors on en arrive là. J'en arrive là. A ce point de non retour. A cette non envie de me lever le matin. Et je m'étais fixée un objectif. Ne jamais y aller à reculons. Jamais. Alors, refaire son curriculum. Tenter de faire naître la motivation pour ailleurs. S'afficher sous son meilleur jour. Je n'ai pas écrit ma démission encore. Mais l'envie d'ailleurs prend le pas. Un mois. Un petit mois pourrait suffir.

Il faut étendre les bras au loin. Montrer l'horizon ne me satisfait plus. Il faudrait l'atteindre. Mais il y a du chemin à faire. Ce n'est pas l'horizon qu'il faut atteindre. C'est sa ligne qui doit changer. Je suis fatiguée. Plus que ça même. Je dis au revoir de loin. Tout le monde s'en va. Et je ne veux pas être celle qui reste. Je ne veux pas.
Vous pourrez bien penser et dire ce que vous voudrez. Je ne vous dirais pas que je m'en moque. Pourtant c'est le cas. Au moins, vous voilà prévenus. Après tout, ici on disparaît quand les mots s'évanouissent.  Oubliettes.

Je ne suis pas triste. Je ne suis pas joyeuse non plus. Je me réconforte au gré du quotidien. Il y a des jours gris. Et d'autres où je souris de passer sous l'ombre d'un nuage. C'est ainsi. Les jours sont ternes. Surtout depuis septembre. Il y a des cailloux sur ma route. Des petits qui dérangent. Des énormes qui découragent. Des trop lourds à porter. Des trop difficiles à pleurer.

La moitié de ces mots est écrit depuis juillet. Et ils sont tellement d'actualité encore. Tellement que ça m'effraie un peu. Mon grand-père est parti. Il y a une semaine. Je l'écrivais en mars et la flamme s'est éteinte. Pour de bon. Il y a une semaine exactement. Est-ce que ça m'attriste? Oui. Bien sûr que oui. Mais il avait tellement mal. Alors non, non.

Je pars toujours travailler à reculons.

Et tout me pèse.

Je ne suis ni triste ni joyeuse. Je suis terne et fatiguée. Comme les jours qui s'annoncent.

Et l'été n'est même pas fini encore.


Heureusement, il y a eu cette semaine d'août.



Est-ce que toi aussi ça te bouleverse
Ces quelques cendres que l'on disperse
Est-ce qu'aujourd'hui au moins quelqu'un te berce ?
Brest, Miossec

Aux mots tordus.

A force de tourner les pages, on arrive au mot "fin".
Il ne me reste que quelques pages à savourer.

A un fil près

Tout va très vite. Vous partez à Barcelone. Décollage. Atterrissage. Vous rentrez de Barcelone avec des milliers de souvenirs en tête. Vous retrouvez vos parents. Serrez vos neveux dans les bras. Nuit. Tout va trop vite. Matin. Midi. Vous vous apprêtez à passer à table quand quelqu'un vient frapper à la porte. Tout est allé si vite. Et si lentement. Votre mari a été renversé Madame. Récupérer Th*o des bras de maman. Dire à R*nan qu'il ira voir papy plus tard. Mais qu'on reste à l'intérieur. Mettre le petit dans les bras d'une amie. Là. Attraper le téléphone. 18. Et seulement alors, sortir. Et voir mon papa à terre, je crois que ça m'a fait perdre mille ans. Malgré tout, il était conscient, les yeux ouverts. Malgré la double fracture et toutes les éraflures. Vous ne comprenez  pas. Vous ne comprenez rien. La ligne spatio-temporelle est rompue. Il y a une brèche. Mais vous ne réalisez pas encore. Non. Pas encore. J'écoute mais je comprends pas grand chose. Il faut gérer  maman qui me demande les papiers, des couvertures - papa a froid. Les pompiers qui arrivent. La police. Mon cousin qui manque d'en coller une à cet abruti. Vous ne savez pas mais vous marchez à côté de vous même. A cet instant. Tout est très net. Tout va très vite. Dans l'ambulance. A l'hôpital. Et là, tout devient lent. Il y a Th*o contre le cœur. Expliquer au plus grand que papy a mal et qu'il va sans doute se faire opérer. Qu'il aura peut être bientôt un plâtre sur lequel il pourra dessiner. Les endormir. Et attendre. Vous restez accrochée au téléphone, sursautez quand il sonne, répétez encore et encore la même chose. Et puis, il vient, ce coup de téléphone. Libérateur. Double fracture. Des hématomes. Des éraflures. Mais rien de plus grave. C'est le premier souffle libérateur que vous vous autorisez. Le premier depuis 14 heures. Trois heures ont passé. Quatre. Cinq, vous ne savez plus. Tout va très vite et déjà lundi. Alors vient la colère. Ce sentiment dévastateur. Celui qui vous fait culpabiliser plus que le reste. Mais là, il persiste. Les souvenirs sont peut être déformés. Mais il y a cette phrase qui revient. Ce je suis revenu. Qui pour vous ne sonne qu'une chose. Inconcevable. Inimaginable. Impardonnable. Il n'est pas resté. Alors, vous ne mesurez pas encore que dimanche était un jour de chance. Vous ne vous rendez pas encore compte. Vient le temps des si et des il aurait pu. Vient surtout celui du il a cru qu'il allait y rester. Là, à terre. Sans que vous puissiez l'entendre. Vient le temps où la chance n'a pas encore sa place. Vient le temps du choc. Vient ce temps là parce que votre papa il ne peut pas croire ça. Il ne peut pas. Un papa ça ne peut pas partir comme ça. Vous avez cinq années à nouveau et votre papa il est le plus grand, le plus fort. Et il est éternel. Vous avez 24 ans. Et votre papa il est affaibli, touché, remué. Vous avez ces deux âges. Cà se mélange. Cà se confond. Vous êtes lundi, il est passé au bloc. Il est en vie. C'est le temps de la colère. Irrévocable. Vous ne saviez pas encore qu'il y a des choses qui ne se pardonnent pas. Qu'il y a ce pardon que jamais vous ne pourrez donner. Parce que ce n'était pas un accident. Un vulgaire accident comme cet abruti voudrait le faire croire. Vous êtes lundi et finalement vous lui en colleriez bien une en pleine tronche. Et d'un coup, vous êtes mercredi. Vous n'êtes plus en vacances. Vous devriez être en forme et vous vous retrouvez sans force ni courage. Vous êtes aujourd'hui et papa rentre demain. Vous êtes ce soir et tous ces gens qui s'inquiètent de nous, ça vous fait souffler. Vous êtes mercredi et vous êtes sans force ni courage. Vous êtes mercredi et demain il rentre à la maison. Vous êtes mercredi. Et maintenant, tout commence. Vous êtes mercredi et vous vous dites que ça va certainement être le meilleur jeudi de votre vie. Et le meilleur vendredi. Le meilleur week-end. Vous êtes mercredi et tout va commencer. Les papiers. La plainte. Les démarches.Vous êtes aujourd'hui et il y a un sacré bordel qui se profile dans vos vies. Sourire ne me fait plus mal aux joues.

Au fin fond des souvenirs